L'expatriation

06:00

Comme certains d'entre vous le savent, ou l'ont deviné, j'ai (encore) déménagé il y a quelques mois. J'ai posé mes valises dans la ville de Kingston en Ontario (Canada anglophone) à une poignée d'heure de route de Montréal. 
Et pourtant. Malgré le même pays, j'ai eu droit à mon petit choc culturel de l'expatriation. Moi qui ne m'étais même pas imaginé à avoir à passer par là (encore une fois). Me voici fraîchement débarquée à Kingston, à devoir reconstruire mes repères de (presque) zéro.



C’est la discussion avec une Française rencontrée ici (qui en est à sa première expatriation) qui m’a donné envie de vous partager mon expérience d’expatriation.
Je profite donc cet article pour parler de ce sujet à travers mes petites expériences d'expatriation aux (presque) quatre coins du monde (la Chine, l'Australie et le Canada). 

D'abord, s'expatrier ça veut dire quoi ? S'expatrier ça veut dire vivre en dehors de son pays d'origine (la France pour moi). 
Dépendamment du pays choisi, l'expatriation peut être plus ou moins facile : la barrière de la langue, la culture qui et différente, le marché du travail qui est une autre réalité que le pays d'où l'on vient, le climat, la nourriture ....


Même si chaque expatriation est unique, il y a un cycle d'adaptation et de vie qui est le même pour chaque expatriation et qui se découpe en trois phases. 

Tout d’abord, il y a la lune de miel : on est complètement euphorique de tout ce que l’on vit, de tout ce que l’on voit. Chaque découverte est merveilleuse, on sent qu’il sera possible de s’adapter à cette nouvelle vie tellement tout nous semble comme dans un rêve. 

Peu de temps après, on se retrouve confronté à des situations qui nous sortent de notre zone de confort, qui remettent en question nos valeurs et notre identité et là commence le « choc culture » (généralement, pour moi, c’est au bout de trois mois d’expatriation). Le gros coup de mou où tu te demandes pourquoi tu as fait ce choix, pourquoi tu as décidé de tout quitter, de partir à x mille kilomètres de tes racines et de tout recommencer, où tu te dis que tu ne seras pas capable de t’adapter à une culture aussi différente, que tu ne trouveras jamais de travail, que tu t’ennuies toute seule, que tu ne rencontreras jamais personne…. (pour l’avoir vécu, ça peut être assez violent). Mais rassurez-vous, on s’en sort de ce choc culturel!! On s’en sort dans cette troisième phase qui s’appelle l’adaptation. Petit à petit, on commence à se faire un réseau de connaissances, on commence à travailler et à rencontrer des gens, on commence à s’adapter à notre nouvelle vie.


Suite à cela, je ferai la distinction entre deux types d’expatriations : 
  • l’expatriation choisie : lorsque l’on est le seul acteur à choisir de son expatriation. Quand je suis partie en Chine, en Australie et au Canada (à Montréal) ce sont des expatriations que j’avais choisies; pour lesquelles je me suis dit « JE » m’expatrie. Ce choix n’affectait que moi et si les choses allaient mal, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. 
  • l’expatriation suivie : lorsqu’on est l’acteur secondaire de l’expatriation. Mon dernier déménagement est une expatriation suivie. Mon conjoint a été muté à Kingston, je l’ai donc suivi. Je suis arrivée à Kingston sans connaitre rien ni personne. Lui est arrivé avec un travail. Comme il s’agit de ma première expatriation suivie, je n’avais pas du tout imaginé qu’elle puisse comporter des obstacles différents des autres expatriations. À vrai dire comme je déménageais à seulement trois heures de Montréal, je ne m’étais même pas posé la question de vivre un choc culturel. Et pourtant ! J’avais sous-estimé le fait que je n’étais pas moteur de cette expatriation et le fait que la langue allait être une barrière psychologique à un moment donné. 
Mes chocs culturels ont été très différents en fonction des pays. Mon choc culturel le plus intense à a été lorsque j’étais en Chine (même si je restais dans ce pays pour une durée de sept mois, ce que je trouve assez court tout de même)! J’ai d’abord vécu une super lune de miel : la découverte d’une nouvelle civilisation, aussi différente de celle dans laquelle j’avais été élevé m’a absorbé les premiers mois. Suite à ça, je me suis rendu compte à quel point les mentalités étaient différentes et j’aurai donné très cher pour me retrouver dans un endroit familier où je n’avais pas besoin de négocier tout achat que je voulais faire. 

Mes chocs culturels australiens et montréalais n’ont pas été aussi violents. Peut-être du fait des conditions dans lesquelles j’immigrais, peut être du fait des cultures qui ne sont pas diamétralement opposées à la culture française. Et enfin, mon dernier choc culturel (que je suis en train de traverser) est « challangeant » (comme disent les québécois) à gérer. Se réinventer une vie, repartir de (presque) zéro, se refaire un cercle, s’adapter, se retrouver du travail…


Je ne peux pas conclure cet article sans parler des avantages de mes expatriations. Il y a toujours mille raisons de partir de son pays (certaines ne sont pas forcément les bonnes, mais je n’entrerais pas dans ce débat sur cet article), mais la meilleure des raisons de partir pour moi reste la découverte. Autant le découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle culture, d’une nouvelle façon de penser, mais aussi la découverte de soi. C’est en sortant de sa zone de confort, en se déracinant qu’on découvre vraiment quelles sont nos réelles aspirations et qui nous sommes vraiment (je trouve). 

Tout cet article est tiré d’expériences personnelles, je ne me clame pas experte en expatriation. N’hésitez pas à m’écrire en commentaires comment vous avez vécu votre/vos expatriation(s), cela me fera plaisir de vous lire et que vous partagiez vos expériences avec moi.

Toutes les photos de cet article sont tirés de mes expatriations en Chine, en Australie et au Canada.

Sources : 
Podcast Expat Heroes : un super podcast créé par Cristina, elle même expat. Elle interviewe des français à l'étranger, c'est très inspirant. Rendez-vous sur son site.  

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